Les prédateurs du Panda Roux

Le panda roux est comme bien d’autres animaux une proie potentielle pour ceux avec qui il partage son habitat. À noter que la prédation n’est pas une cause de disparition, mais une des règles qui régit un écosystème. En effet, les prédateurs se nourrissent et les populations qui sont des proies sont régulées ! 

Voici quelques-uns des prédateurs naturels du petit panda :

La panthère nébuleuse (Neofelis nebulosa)

Statut UICN : « Vulnérable »

Classe : Mammifères

Ordre : Carnivores

Famille : Félidés

Taille : 50 à 60 cm au garrot

Longueur : jusqu’à 2 m suivant les individus adultes (80 à 90 cm pour la queue)

Poids : entre 18 et 23 kg à taille adulte

Particularité : Il s’agit du félin possédant les plus grandes canines d’un point de vue proportionnel à sa taille.

Alimentation : rongeurs, singes, oiseaux, pangolins, petits cervidés.

Longévité : Estimée à 11 ans dans la nature (données pas encore assez importantes pour un chiffre fiable), entre 13 et 15 ans en captivité (le record étant de 19 ans !)

Répartition géographique : Asie du Sud Est continentale, jusqu’au Népal et une grande partie du Sud de la Chine.

Statut : Espèce classée en annexe 1 de la CITES, donc commerce interdit des animaux ou en parties. Moins de 10 000 individus sauvages, espèce classée comme vulnérable par l’UICN

Menaces : Morcellement de l’habitat à cause de la déforestation, braconnage des mères adultes pour que les jeunes deviennent des animaux de compagnie, et braconnage pour les cultures locales (posséder une fourrure est une marque de statut social dans certains pays – notamment à Taïwan où elle a complètement disparu – les organes remplacent ceux du tigre dans la médecine traditionnelle chinoise où ils sont ouvertement vendus)

Captivité : Dès 1973, l’espèce bénéficie d’un plan de reproduction mondial géré par l’Association Internationale des Zoos et Aquariums (WAZA). L’objectif était de développer une population croissante en captivité afin de ne plus prélever d’individus sauvages. Malheureusement c’est une espèce très difficile à reproduire dans les parcs zoologiques, et la majeure partie des individus captifs se trouvaient aux Etats Unis. Il fallut donc en 2011, face à une population vieillissante, faire venir des individus captifs d’Asie pour redonner un essor reproductif à l’espèce et développer le programme vers l’Europe. Depuis, certains couples sont prolifiques ce qui redonne un espoir de conservation pour l’espèce, pour d’éventuelles réintroductions dans des zones où elle a disparu, si le milieu est sécurisé et stable pour l’avenir des individus.

Il existe un partenariat très fort entre les parcs zoologiques à travers le monde qui accueillent cette espèce, ce qui a valu la création du CLOUDED LEOPARD PROJECT. Ainsi, chacun d’entre eux se doit de tenir des objectifs cruciaux : favoriser au maximum le bien être des animaux, proposer une alimentation respectant le régime de l’espèce, continuer les études scientifiques car encore trop rare auprès des populations sauvages, et surtout de favoriser la reproduction pour pérenniser l’avenir de l’espèce sur du long terme (prévisions sur 100 ans minimum) grâce aux programmes d’élevage.

La panthère indienne (Panthera pardus fusca)

Statut IUCN : “Vulnérable”

Classe : Mammifères

Ordre : Carnivores

Famille : Félidés

Taille : Varie entre 45 et 78 cm au garrot

Longueur : jusqu’à 1,60 m (queue de 55 à 90 cm)

Poids : 58 kg pour le mâle, 37 kg pour la femelle (même jusqu’à 80 kg pour les individus vivant dans les régions où il n’y a pas de tigres, car les proies sont plus abondantes !)

Alimentation : petits animaux, cervidés, singes. En milieu urbain, les animaux domestiques et le bétail représentent 25 % de son alimentation, et parfois même des chiens et des enfants sans surveillance.

Longévité : 12 à 15 ans dans la nature, jusqu’à 23 ans en captivité (avec un record de 26 ans !)

Répartition géographique : Inde, Népal, Bangladesh

Statut : Classée Vulnérable par l’UICN depuis 2016, population d’environ 15 000 individus sauvages mais en hausse. En annexe 1 de la CITES.

Menaces : Braconnage pour sa fourrure et la médecine traditionnelle asiatique, conflits avec les éleveurs, raréfaction des proies.

Captivité : Depuis le début de l’ère des ménageries, les panthères n’étaient pas du tout étudiées et de nombreux croisements entre sous-espèces s’effectuaient. Heureusement, grâce à la recherche scientifique et à l’implication des parcs zoologiques dans ce domaine depuis le début des années 1960 – 1970, ce sont 9 sous-espèces qui sont à présent identifiées, tandis que d’autres ont malheureusement disparu depuis, bien que décrites par des explorateurs ou scientifiques de l’époque.

Chacune se répartit des aires naturelles entre l’Afrique et l’Asie, et depuis la création des programmes d’élevage pour les plus menacées d’entre elles (comme la panthère de l’Amour ou la panthècre de Java) aucune hybridation n’est tolérée afin de pouvoir garder des populations génétiquement fiables en captivité.

Le seul programme de réintroduction en cours pour l’une de ces sous-espèces se porte auprès de la panthère de l’Amour, en Sibérie Orientale, car classée espèce en danger critique d’extinction (seulement 50 individus répertoriés en 2016). Orchestré par l’AMUR LEOPARD CONSERVATION TRUST, le programme TIGRIS et l’ONG WILDCATS CONSERVATION ALLIANCE, et évidemment soutenu par de nombreuses institutions, certains individus captifs nés en parcs zoologiques des Etats Unis, du Canada, de Russie, et même un mâle né en France, découvriront la vie en semi-liberté sur place pour que leurs descendants soient réintroduits dans la nature.

De nombreux parcs zoologiques soutiennent des associations et ONG de terrains pour la protection des autres sous-espèces de panthères qui ne bénéficient pas encore de programmes de réintroduction, le conflit Humains/Animaux étant encore trop importants dans leurs milieux de vie.

La panthère des neiges (panthera uncia)

Statut UICN : « Vulnérable »

P1050888.JPG

Classe : Mammifères

Ordre : Carnivores

Famille : Félidés

Taille : 60 cm au garrot

Longueur : jusqu’à 2,30 m suivant les individus adultes (0,90 cm à 1,10 m pour la queue)

Poids : entre 40 et 55 kg

Alimentation : Surtout les herbivores de haute montagne, notamment les caprins (bharals, takins, mouflons, markhors, etc), occasionnellement des petits mammifères et des oiseaux, beaucoup de végétaux tels que des herbes et brindilles (proportionnellement aux autres félins).

Elle n’est qu’un prédateur occasionnel du panda roux, car elle vit dans des terrains très escarpés et accidentés de haute montagne (jusqu’à 6000 m d’altitude), favorisant des aires dégagées pour une meilleure visibilité à des fins de prédation, donc quasiment aucun grand arbre.

Longévité : Environ 15 ans dans la nature, une vingtaine d’année en captivité.

Répartition géographique : Une grande partie de l’Asie Centrale, de la Russie au Népal et au Bhoutan, du Pakistan à la Chine.

Statut : Espèce classée en annexe 1 de la CITES, donc commerce interdit des animaux ou en parties.

Populations estimées entre 4500 et 9000 individus sauvages, espèce classée comme vulnérable par l’UICN depuis 2017 (auparavant en danger d’extinction)

Menaces : L’extension des aires de pâturage du bétail limite l’aire de répartition de ses proies qui les rendent elles aussi plus rares. La panthère des neiges s’attaque donc volontiers au bétail, les éleveurs la chassant donc en guise de représailles. De plus, les marmottes et autres rongeurs dont elle se nourrit sont souvent empoisonnés car considérés comme nuisible. Elle est braconnée aussi pour sa fourrure et pour la médecine traditionnelle chinoise.

Captivité : Les premiers individus à avoir été observés en captivité remontent à la fin des années 1800. Les toutes premières naissances ont eu lieu vers 1910. L’espèce se reproduisant assez bien, les premiers programmes d’élevage ont débuté vers 1970, ce qui a largement accru les populations, tellement bien génétiquement parlant que les parcs zoologiques russes, japonais, australiens et indiens ont débuté leurs propres programmes vers la fin des années 1980. Dès lors, plus aucun individu sauvage ne serait prélevé dans la nature.

A l’heure actuelle, il y a tellement eu de naissances que certains programmes d’élevages préconisent de ne plus reproduire certains couples, car génétiquement trop représentés ! Un simple implant contraceptif est nécessaire pour ne pas stériliser les individus en cas de réintroduction potentielle.

Afin de faire avancer rapidement les possibilités de réintroduction, la quasi-totalité des parcs zoologiques accueillant l’espèce soutient financièrement le SNOW LEOPARD TRUST, qui étudie et développe des programmes de conservation auprès des panthères des neiges sauvages. Une des actions prioritairement menées : L’association finance des enclos sécurisés pour le bétail, si les éleveurs s’engagent à ne plus tuer de panthères, et ne pas empoisonner la faune locale considérée comme nuisible.

La martre à gorge jaune (martes flavigula)

Statut UICN : « Préoccupation mineure »

martre-a-gorge-jaune-1.jpg

Classe : Mammifères

Ordre : Carnivores

Famille : Mustélidés

Taille / poids : peut mesurer plus d’un mètre de long (de la tête à la queue), et peser jusqu’à 3,5 kg

Longévité : 10 à 15 ans

Cet animal peu connu est plutôt omnivore. La martre mange aussi bien des petits animaux que des noix ou des fruits. Cependant, elle peut aussi chasser en groupe de plus gros animaux comme de jeunes cervidés. Le panda roux ne constitue pas une proie habituelle mais la martre est opportuniste. Elle peut donc chasser des jeunes pandas roux si l’occasion se présente.

On la rencontre sur une grande variété d’habitats, qui va de la zone himalayenne au sud de l’Indonésie, et jusqu’au nord de la péninsule coréenne. Elle peuple principalement les forêts.